[Théologie] La Divine Comédie (Romantique)

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[Théologie] La Divine Comédie (Romantique)

Message par Galdwyn Darkyl le Mar 1 Mar - 19:26

les Feux Dieux de l'Amour


Avant que les élèves du professeur Dawarsen ne mettent l'amphithéâtre sens dessus dessous et que je n'aie définitivement perdu la frange masculine de mes étudiants, laissez moi préciser le sujet de ce cours:

Comme vous le savez, les deux divinités tutélaires des relations entre adultes consentants sont d'une part Lafoune (sur un niveau... pratique, dirons nous) et Malgar (pour le côté fleur bleue :fleur: ). Pas de quoi disserter trois heures, je vous l'accorde, d'autant que leur cas a déjà été abordé par la chaire de théologie de Waldorg et du reste, je ne suis pas payé pour vous faire un cours d'éducation sentimentale.

Ce dont je veux vous parler est la source d'un pouvoir mystérieux, capable de jeter des royaumes à bas, changer les âmes les plus viles ou nobles, durer éternellement ou moins d'une seconde et duquel personne n'est protégé, surtout pas les aventuriers! Qu'ils soient mages ou barbares, héros ou criminels, tous peuvent subir les tourments des machinations de Tsoun d'Airée et Fhanne Geurl, et être touchés par la ROMANCE.

I) La Romance, Fléau Méconnu des Seigneurs du Mal

J'ai deux petites questions à vous poser, en guise de préliminaires: si je vous demande comme ça, tout à trac, de penser à une légende, quels sont les personnages principaux que vous serez sûr d'y trouver?

Un Héros, ok, ce n'était pas dur... Le Grand Méchant, bien sûr. Le Mentor? Bien, bien... et l'Héroïne, paaaaarfait. Maintenant, j'en viens à ma deuxième question: quel est le degré d'importance de ces personnages? Je veux dire: en quoi sont-ils essentiels à la légende, au juste?

Le Grand Méchant, pour commencer: sans lui, il n'y a tout simplement pas de légende! à moins que vous ne soyiez fan de "L'Histoire de mes Bottines" (par Gladyriana Oquelebel, top-model elfette), vous conviendrez qu'en son absence l'histoire perd pas mal de son charme et de son intérêt. Le Grand Méchant est celui qui vient mettre en péril la Terre de Fangh/le duché d'Earnise/le goûter d'anniversaire de Titi Lapinrose, shooter dans l'un ou l'autre bébé phoque, se faire méchamment péter les dents par le héros à la fin et être universellement considéré comme étant le plus classieux des personnages de la légende. Comme ne manquerait pas de le souligner le professeur Dawarsen, toute bonne Légende doit son succès en premier à son Dragon des Ténèbres/Seigneur des Enfers/Mage Noir psychotique. démoniaque

Le Héros ensuite. knight Son rôle est tout tracé (et généralement décrit dans les moindres détails dans l'une ou l'autre prophétie): il est celui qui 1) vit l'aventure 2) s'oppose au grand méchant 3) sauve la situation. Ces trois critères sont cumulatifs et non négociables: le type qui faisait ses petites commissions lors de l'invasion du méchant, ou qui se joint à lui est rarement qualifié de "héros", pareil pour le godelureau qui s'oppose bien au tyran mais finit en pâtée pour gobelins. Et dans les cas où aucun héros ne se pointe, on sort de la Légende pour entrer dans l'Histoire, et l'on cesse d'appeler le Grand Méchant "l'infâme Tyran" pour lui préférer le titre "Notre bon roi Grantshau V".

Le Mentor: personnage essentiel que celui ci vu qu'il va se charger de préparer le Héros aux difficultés qu'il va rencontrer durant sa quête, que se soit en lui enseignant le bout par lequel il doit prendre son épée, en lui révélant le point faible du Grand Méchant ou bien en lui détaillant les secrets de son arbre généalogique. :papy: Sans lui, le Héros serait perdu, car s'il y a bien UNE chose qu'il faut retenir des Légendes, c'est que les héros n'apprennent JAMAIS rien par eux-même et encore moins de leurs erreurs: Ils ont beau SAVOIR que le Grand Méchant est aussi fourbe qu'un démon bicéphale mythomane qui tricherait au poker menteur, ils n'auront rien de plus pressé que d'aller le rencontrer "seul à seul" pour "négocier paisiblement".

Vient le cas de l'héroïne. En quoi est-elle utile à la Légende, en dehors d'un éventuel ajout esthétique? Elle n'apprend en général rien au Héros qu'il ne pourrait découvrir par lui-même ou via son Mentor, elle ne sais généralement pas se battre (et si par miracle elle est un tant soit peu compétente au combat, soyez sûrs qu'elle se retrouvera impuissante dès que le Grand Méchant la neutralisera grâce à une prise secrète et pratiquée par les Forces des Ténèbres depuis des millénaires: en l'attrapant par le bras) et elle n'est bonne qu'à se faire kidnapper pour servir d'otage, ou bien trébucher et attirer l'attention des sbires du Grand Méchant. Donc à priori rien ne la distingue vraiment de l'accorte serveuse de la Taverne dont les charmes mammaires n'ont pas manqué d'attirer au début de l'aventure l'attention du Héros (voire de son Mentor, homme sage s'il en est et avide d'enseigner à son protégé tout ce qu'il doit savoir dans la vie), et qui après avoir été sauvée des griffes de l'un ou l'autre sbire indélicat reprendra une vie normale dans une indifférence bienheureuse et générale, et parfois avant même que le Héros n'aie repassé la porte d'entrée.

Rien ne l'en distingue, si ce n'est le fait qu'elle et le héros passent leur temps à se faire des yeux de merlan frits, qu'ils auront droit à leur "heureux pour toujours" à la fin et qu'ils sont prédestinés à roucouler niaiseusement d'une force à donner envie à un spectre multimillénaire de teindre son drap en rose et de s'abonner à "Romans Photos".

Et c'est JUSTEMENT ce fait qui va permettre au héros de gagner à la fin! Au moment de vérité, lors du dernier affrontement: là où l'épée Sainte/Magique/Ancestrale/Prophétique/ChantanteetquifaitdesClaquettes n'aura servi à rien, où milles armées dirigées par les plus grands stratèges du siècle auraient tout aussi bien pu improviser une comédie musicale vu leur impact sur la situation, et où les conseils énigmatiques d'un vieil ermite sénile et incontinent n'auront pas réussi à aider le héros à vaincre le Grand Méchant; eh bien quelques battements de cils langoureux et l'une ou l'autre déclaration maladroite et mièvre à en pleurer suffira à invoquer l'ultime et bien connu POWER OF LOVE et donner au Héros la capacité d'envoyer son ennemi ad patres d'une chiquenaude.

Donc à l'image de l'élève du 6ème rang (oui, vous avec la houppelande noire et le pin's "I <3 Dark Arts" qui soupiriez que l'amour c'était pour les bébés), je vous conseille de ne pas sous-estimer l'importance de la Romance dans la vie d'aventurier. Comme le disait Varsuuvius, célèbre mage elfique,
"l'Amour fait tourner le monde, et donne un bonus de circonstance de +2 à tous les jets de dés".

Mais qui donc a tiré deux-trois ficelles cosmiques pour doter les amourettes d'adolescents en pleine crise de puberté d'un tel pouvoir? Quelle Force obscure s'est arrangée pour que les Héros tombent comme par hasard sur la femme de leur vie lors de leur Quête pour sauver le monde, moment pourtant peu propice au speed-dating? Qui a décrété qu'aucune légende ne finirait par "et ils sortirent ensemble environ trois semaines avant de rompre pour protéger leur amitié"? Encore une fois, il nous faut chercher la réponse du côté du Seigneur du Plot Twist, Celui qui Ecrit la Campagne: Haimji.

II) Les Méfaits d'Airée et Fhanne Geurl

Haimji, s'il faut en croire ses prêtres, est derrière toutes les petites choses qui font que la vie d'aventurier est parfois si (dés)agréable: vous tombez fort heureusement sur une réserve de pieux en bois dans le château où vous traquez un vampire? Dites lui merci. Vous ne pouvez pas boire un verre tranquille dans une taverne sans qu'aussitôt commence une bagarre générale ou qu'un individu encapuchonné vienne vous proposer une mission louche? Vous êtes devenus Portophobique à force de déclencher des pièges en regardant simplement la poignée? Maudissez-le. Je vous renvoie au cours du professeur Dawarsen pour plus de détail sur cette divinité redoutable.

Les deux divinités qui nous intéressent sont Airée et Fhanne Geurl, deux entités ayant un lien pas très clair avec Haimji: certains disent que ce sont ses filles, d'autres ses soeurs, ceux qui restent avancent qu'ils s'agit des cousines au troisième degré de l'oncle par alliance de la petite fille du beau-frère du plombier d'Haimji, mais tous s'accordent à dire que ce sont elles qui sont responsables des... particularités étranges qu'on retrouve dans la vie sentimentale de bon nombre d'aventuriers.

A) la déesse Airée, Celle qui Anime les Foyers

Lequel d'entre nous, en lisant les légendes ou en voyant occasionnellement passer un groupe en quête (pas difficile de les repérer: cherchez un ado à la lippe boudeuse traînant avec une jeune péronnelle, un vieux mystique, un grand costaud taciturne, un petit animal tout kawai et un rigolo de service) ne s'est jamais dit que le Destin avait un sens de l'humour des plus douteux quand il s'agit de concocter des couples "gravés dans les étoiles"?

C'est une tendance extrêmement répandue chez les héros: le héros et l'héroïne, bien loin d'avoir des choses en commun ou de partager certaines valeurs/passions sont à l'exact opposés l'un de l'autre, avec en sus un sale caractère. Lui est nigaud, têtu, borné, parfois bête comme ses pieds, souvent peu raffiné et d'une niaiserie renversante. Elle est commandeuse, pimbêche, tatillonne, manipulatrice et d'une mauvaise foi ahurissante. Du reste, la première réaction qu'ils ont lors de leur première rencontre, c'est de se traiter de noms d'oiseaux et de se balancer de la vaisselle à la figure.

Et ils sont bien entendus destinés à se marier par une prophétie, un vieux contrat ou un accord international: l'univers ENTIER conspire à les mettre ensemble, prenant un plaisir presque pervers à mettre du trinitrotoluène et de la nitroglycérine dans la même poudrière avant de secouer un bon coup.

Celle qu'il faut remercier pour cela, c'est Airée, déesse aux occupations contestable qui semble avoir une affection toute particulière pour les conseillers conjugaux.

Airée est la responsable des multiples moments où le héros et l'héroïne -qui ne peuvent pas se voir en peinture- vont se retrouver dans des situations légèrement embarrassantes mais inévitables, comme être pris pour un couple par la gérante de l'auberge qui leur refile un lit double, ou quand le héros rentre dans la chambre de l'héroïne alors qu'elle se change, etc... Autant d'occasions pour la douce et tendre héroïne de faire la tête au carré au malheureux héros (et c'est fort dommage qu'elle ne puisse accumuler toute cette violence pour la déverser sur le Grand Méchant: il y a souvent largement de quoi annihiler une ou deux légions démoniaque) avant de rougir comme une perdue. Les malheureuses jeunes filles victimes de l'envoûtement d'Airée sont appellées "Tsoun" (pour Totalement Subjuguées par un Olibrius Unique, mais le Niant)

Car c'est là que Airée se montre vraiment pernicieuse: si elle était comme Mankdebol, les choses s'en tiendraient là, mais non, il faut en plus qu'elle inspire aux deux malheureux des sentiments confus et absolument pas assumés pour l'autre, d'où moultes réactions désespérées sur le style "non! c'est impossible que je sois amoureux/se de ce/cette pervers/sale gosse!" Et pourtant, à la fin, ils se déclarent amour et fidélité et battent le Grand Méchant grâce à une soudaine montée en puissance du héros qui généralement à ce moment là se prenait la dérouillée de sa vie.

Ma théorie est que quand la terrible nouvelle est finalement formulée avec des mots, le héros passe un nouveau stade des 5 étapes du Chagrin: la colère (il a largement donné dans la dénégation et le marchandage jusque là) et qu'il se sert de cette poussée de rage contre le destin moqueur pour éclater la première chose qu'il a sous la main: le Grand Méchant. Ce qui expliquerait aussi pourquoi seuls les héros semblent se trouver dans des situations matrimoniales aussi ubuesques: toute personne normale à qui ça arriverait (et qui n'aurait donc pas de méchants à proximité) s’entre-tuerait probablement avec l'objet de ses pensées à ce moment précis.

Donc avis à vous, futurs aventuriers/héros: si votre coéquipière ou la princesse que vous venez de sauver se met à agir bizarrement et de façon incohérente envers vous, passant des insultes aux compliments murmurés, des moqueries acerbes aux grands zieux pleins de larmes, le tout entrecoupés de "baka" ou "ce n'est pas comme si je m'intéressais à toi!", restez calme: c'est une "Tsoun d'Airée", voilà tout, et ça ne vous laisse que deux options: vous passer la corde au cou, métaphoriquement ou littéralement.

B) la Déesse Fhanne Geurl, Celle qui a des Idées Bizarres

Je vous vois venir, futurs mages noirs, assassins de première année et autres tyrans en culotte courte: "tout ça, c'est pour ces bons à rien de héros à la mentalité de boy-scouts! Moi chuis un dur, un vrai, mon pyjama est noir comme mon âme, et je suis si méchant que je ne me lave pas les mains en sortant des WC."

Mes pauvres. Vous êtes des proies toutes désignées pour Fhanne Geurl, qui à l'image de sa grande soeur Airée aime mettre son nez dans la vie sentimentale des autres, mais a une passion toute particulière pour ceux qui ne sont PAS le Héros.

Selon la légende, alors que le monde était encore jeune et que les héros et les méchants vivaient leurs premières aventures, Fhanne Geurl observait Airée en train de jouer les agences matrimoniales, s'évertuant à mettre ensemble deux jeunes gens n'ayant jamais entendu parler de l'autre et avec des personnalités aux antipodes. Fhanne Geurl jeta un oeil au groupe du Héros, et remarqua d'une part l'ami d'enfance du Héros -rigolo de service, toujours à faire le singe et à courtiser la femme fatale du groupe- et le jeune noble taciturne au passé tragique voyageant avec le groupe pour accomplir un obscur projet de vengeance -et particulièrement méprisant avec l'ami d'enfance du héros, qui lui tape sur le système-.

Fhanne Geurl demanda à sa soeur si elle allait les faire se marier eux aussi, vu qu'ils passaient leur temps à se disputer. Airée surmonta son choc initial avec peine et tenta de lui expliquer que non, là c'était pas pareil, ces deux personnages là avaient déjà une âme soeur (une guerrière garçon manquée pour l'ami d'enfance, sa servante restée au château pour le noble) et que de toute façon ils étaient tellement différents l'un de l'autre qu'il n'y avait aucune raison de les mettre ensemble. Mais Fhanne insista, argumentant que pour passer autant de temps à se chercher des crosses, ils devaient être absolument raides dingues l'un de l'autre, et que le mépris de l'un cachait seulement une profonde insécurité et que l'obsession de l'autre pour le décolleté de la femme fatale n'était qu'une manœuvre pour rendre le premier jaloux.

Inquiétée par les hypothèses de plus en plus délirante de sa soeur, Airée l'envoya regarder l'équipe des méchants, espérant qu'aucune de ses idées farfelues n'allait avoir de conséquence sur le récit et ses lecteurs (comme quoi, même les dieux peuvent être naïfs). Fhanne Geurl s'intéressa alors à l'un des sbires Grand Méchant, tueur sans merci ayant l'âge du héros, à peu près et tentant à plusieurs reprises de kidnapper l'héroïne pour attirer son rival dans un piège. Le temps qu'Airée intervienne, il était trop tard: sa petite soeur avait déjà pondu toute une théorie comme quoi ce tueur avait visiblement des sentiments profonds et complexes pour l'héroïne qu'il ne savait pas comment extérioriser mais qu'elle avait probablement elle aussi, vu les trois lignes de dialogue qu'ils partageaient.

Pour finir, Airée chassa sa soeur à grand coup de pieds quand Fhanne commença à émettre des suppositions sur la nature du lien entre le Héros et son Mentor/figure paternelle de substitution.

Mais le mal était déjà fait, et depuis il arrive que les méchants ressentent une attraction contre nature et inexplicable envers l'héroïne, ce qui les pousse généralement à tenter de les épouser de force, offrant une opportunité en or au héros de les attaquer par surprise TOUT en avouant ses sentiments conflictuels à sa mégère favorite. Ou bien, pour des raisons qu'il préfère ne pas développer, le Grand Méchant ne peut se résoudre à finir le Héros et tente plutôt de le convertir à sa cause, poussé par des millions de créatures décérébrées et fantômatiques qui poussent leur hurlement strident dans ses oreilles: ce sont les avatars de la déesse Fhanne Geurl, qui influent bizarrement sur le récit.

Donc, soyez vigilants! La prochaine fois, nous traiterons des raisons métaphysiques pour lesquelles, quand deux personnes discutent en regardant la pleine lune, c'est le signe qu'elles sont destinées l'une à l'autre.

Galdwyn Darkyl, spécialiste du Coup de Foudre

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